Pour ce récital, le duo Amyhlia interprète différentes danses de Grieg, Brahms et Dvořák, ainsi que des œuvres de Rachmaninov. Les pièces en solo et à quatre mains alternent dans une atmosphère romantique et passionnée.

Vous pourrez entendre deux Danses norvégiennes qu’Edvard Grieg (1843-1907) a découvert en 1869 dans l’important recueil de plus de 200 chants traditionnels norvégiens publié par Ludvig Mathias Lindeman en 1840. Il puisera plusieurs fois dans ce recueil fondateur pour ces compositions, notamment pour les quatre Danses norvégiennes opus 35. Si la première est plus connue sous le nom de Marche de Sinclair, les trois autres sont des « Hallings », danses traditionnelles des campagnes norvégiennes. Cet opus deviendra vite populaire, suscitant beaucoup de transcriptions, notamment pour orchestre, violon et piano, trio avec piano, ou encore piano seul.

Pour composer ses Danses hongroises, Brahms (1833-1897) s’est inspiré des czardas (littéralement « auberges » en hongrois) et des danses de couple. Les czardas alternent deux parties : lassu (« tactile »), qui est lente, en mode mineur, et frisska (« habilement »), qui est au contraire très rapide, agitée et en mode majeur. Ces czardas viennent d’Europe de l’Est, mais Brahms les a entendues interprétées à la façon des musiciens tziganes. Les Tziganes installés en Transylvanie (à l’époque sur les terres hongroises) sont les Rumungre. Ils ont la particularité de s’approprier les musiques qu’ils entendent dans le pays afin de pouvoir s’intégrer : c’est ainsi qu’à l’époque de Brahms, leurs musiques pouvaient être des musiques des campagnes hongroises, mais aussi des airs d’opérettes, romances, musique de salon, etc. Elles étaient toujours adaptées à leurs traditions instrumentales. Elles étaient improvisées, l’improvisation étant vue à la fois comme un moyen de montrer sa virtuosité mais aussi comme un symbole de la liberté de va-et-vient du peuple tzigane, et arrangées à la manière tzigane.

Les Six duos opus 11, composés en 1894 par le compositeur russe Sergueï Rachmaninov (1873-1943) ont la singularité d’avoir été écrits à chaque fois « à la manière » d’un compositeur – par exemple Chopin, pour la valse. Comme l’indiquent les titres des pièces, ils empruntent autant à la musique russe qu’à des genres musicaux populaires de l’époque. Rachmaninov y développe une atmosphère mélancolique et des éléments caractéristiques de son langage musical, comme ces
sonorités de cloches venues de son enfance.

Dvořák (1841-1904) compose les Danses slaves sur l’invitation de l’éditeur Simrock. Ce dernier espère sans doute renouveler l’expérience lucrative des Danses hongroises de Brahms qu’il a éditées une dizaine d’années plus tôt. Brahms et Dvořák sont amis. Ils se sont rencontrés vers 1875 à l’occasion d’un concours où le premier était membre du jury et le second candidat. Sous l’impulsion de Brahms, Simrock avait d’ailleurs accepté d’éditer un premier recueil du jeune compositeur tchèque, une série de Chants moraves, qui avait suscité un vif intérêt en Allemagne. Pour Dvořák, ces Danses slaves sont l’occasion d’exprimer sa passion pour la musique populaire de son pays. Son talent d’orchestrateur lui a permis de sublimer une musique encore méconnue. Ces danses remporteront un succès retentissant en Allemagne et à l’étranger, et contribueront grandement à la notoriété internationale de Dvořák.

 

Durée 70′ environ
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